Nina, Gianni & Virginie, full-time Vanlifers !

Pour commencer, pourrais-tu nous présenter ta famille ?

Nous avons parcouru les routes du Sud de l’Europe à trois : Nina (3 ans et demi), Gianni (né dans les années 60)  et Virginie (moi-même, née dans les années 80).

 

Depuis combien de temps avez-vous choisi de vivre à temps dans votre van ? Quel a été le « déclencheur » ?

Citadins strasbourgeois, professionnels du tourisme, nous avons tout quitté quand la pandémie s’est manifestée au printemps 2020. Dès la naissance de Nina, j’ai ressenti un profond changement dans ma manière de voir le monde. Prise de conscience écologique, besoin de reconnexion à la nature sauvage, révulsion pour les lieux urbanisés.

Quel véhicule avez-vous choisi ? Pourquoi ?

Notre aventure a commencé en fourgon aménagé Font Vendôme sur porteur Iveco Turbo Daily 3512. Nous n’y connaissions pas grand-chose et l’achat s’est fait en last minute alors que nous allions rendre les clés de notre maison à Strasbourg. Ce van est magique, il nous a emmenés partout où nous souhaitions aller, doucement mais sûrement. Il date des années 90 mais offre un bon confort de vie, il n’a rien à envier aux fourgons modernes : douche intérieure, eau chaude, chauffage, frigo, lit pavillon… Nous sommes très heureux d’avoir démarré l’aventure de la vanlife avec Fitzroy (c’est son nom).

À présent, nos besoins évoluent, Nina grandit et nos activités professionnelles regagnent un peu du terrain, on a besoin d’espace. Nous envisageons donc de passer au camping-car, mais rien n’est fait, nous allons avoir beaucoup de mal à nous séparer de notre van.

Quels sont pour toi les avantages ? J’imagine qu’il y a aussi des inconvénients ?

Le nomadisme procure un sentiment de liberté sans pareil. Il faut le vivre pour comprendre, mais ne pas avoir d’attache, se sentir léger, au contact permanent des éléments, c’est assez incroyable. Ce mode de vie n’est pas donné à tout le monde, cela demande des sacrifices : réussir à digitaliser son activité professionnelle, gérer la cohabitation dans un espace restreint, se supporter 24h/24 et coordonner les emplois du temps des uns et des autres tout en savourant chaque instant. Nous ne sommes pas en vacances, nous travaillons.

Il faut réussir à garder du temps pour continuer à s’émerveiller, voyager à un rythme suffisamment lent pour éviter la fuite perpétuelle, chronophage, énergivore (je parle bien du carburant) et dénuée de sens.

De quoi vivez-vous ?

Je travaille principalement dans le tourisme réceptif en Alsace et parviens à gérer la grande majorité de mon activité en ligne. Au départ, nous étions tous les deux guides touristiques en Alsace, et Gianni a récemment pris la décision de renouer avec cette activité, c’est-à-dire qu’il se sédentarise, pour une durée indéterminée.

Pendant la pandémie, nous nous sommes reconvertis dans la rédaction web et ça a rapidement pris de l’ampleur. Néanmoins, nous préférons rester dans notre cœur de métier, là où l’on se sent légitime, ce qui est loin d’être toujours le cas dans la création de contenu rédactionnel.

A 3 …en permanence et qui plus est dans un mini espace.. ? Est-ce qui est le plus un challenge ?

Je ne cache pas que cela a parfois été difficile voire fatal pour le couple. Ce n’est pas tant le partage de l’espace mais l’absence d’individualité, de vie extérieure. Dans une vie sédentaire, lorsqu’on travaille, chacun vaque à ses occupations. Là, ce n’est pas le cas, en route, on ne peut pas retrouver ses ami.es de temps ou temps. On peut ressentir une forme d’isolement social et de perte d’identité.

Le challenge réside surtout dans le partage entre les temps de travail, le plaisir du voyage, l’école à distance pour notre fille, la logistique de la vie en van (trouver de l’eau, choisir un bon spot) et bien d’autres choses… Le fait de ne pas avoir de routine est à la fois un atout mais cela nécessite une capacité d’adaptation importante.

 

Y a-t-il un bon âge pour les enfants pour choisir ce type de vie ?

Je crois que les enfants s’adaptent beaucoup plus facilement que les adultes. Dès le premier jour, Nina était comme un poisson dans l’eau dans le van. Elle venait de fêter ses deux ans lorsque nous sommes partis la première fois. 

Je pense également aux parents d’adolescents, vivre en van pour les vacances, ça passe. Mais cohabiter toute l’année sans sas de décompression à cet âge, cela peut vite se corser. 

Bien sûr, personne ne nous oblige à rester confiné dans notre véhicule, il suffit d’ouvrir la porte et les grands espaces s’offrent à vous. À chacun de savoir s’accorder des moments de solitude pour retrouver un équilibre intérieur. Ce n’est pas toujours évident, et je suis la première à accumuler une charge mentale importante en voulant jouer sur tous les tableaux. Il y a des jours où je ne suis pas sortie du van car j’enchaînais travail, homeschooling, cuisine, travail, cuisine, repeat. Ce n’est pas très sain. 

Ne négligez pas l’activité physique pour tous les membres de la famille: marche, course à pied, paddle, yoga, cyclisme, ça permet de mieux vivre en harmonie avec son corps et son environnement.

Comment occupez-vous Nina pendant les trajets ? Elle ne s’ennuie pas (pas d’école, etc.)

Nina est une enfant très curieuse et les trajets se déroulent toujours très bien, sans pleurs ni cris. Depuis son siège auto, elle observe et commente les paysages, pose de nombreuses questions. On évite de rouler trop longtemps en général pour qu’elle puisse se défouler et faire ses leçons. Pendant les voyages, elle s’occupe également avec des livres, des cahiers d’activité, sa boîte à histoires et elle adore écouter du rock’n’roll avec sa mère.

Comment ça se passe pour l’école ?

Depuis septembre dernier, Nina est inscrite dans une école privée à distance. Elle est en IEF (Instruction en Famille) mais suit le même programme que les autres enfants de son âge. Elle est plutôt en avance, on a terminé la Petite Section il y a déjà pas mal de temps.

Au-delà de l’enseignement formel, elle a la chance de découvrir le monde au quotidien, de vivre des expériences constructives et stimulantes, tout en participant à la vie quotidienne (cuisine, ménage, bricolage, etc.).

Pour la question de la sociabilisation, elle n’est pas timide et s’insère facilement dans un groupe d’enfants, aime se faire des copains / copines nomades en route.

 

Tes accessoires/produits pour enfants « indispensables » pour voyager/vivre en van ?

Je suis devenue très minimaliste et cela me rend infiniment plus sereine.

Pour vivre en van avec un enfant, il faut ruser d’ingéniosité en termes de jeux, penser compact au maximum (petits livres, jouets éducatifs de petites tailles comme le tangram, la pâte à modeler, les blocs de construction kapla).

Prévoir des jolis plaids qui se lavent et sèchent rapidement pour protéger les assises en textile pendant les repas et les activités créatives à bord.

Lorsqu’on voyage en hiver, j’apporte toujours des pyjamas en molleton, une bouillotte et des couvertures supplémentaires, comme on ne dort pas avec le chauffage au gaz, la température peut vite baisser dans l’habitacle mais lorsqu’on est bien couvert, aucun problème. Pour l’hydratation, nous avons opté pour un filtre à gravité, ce qui nous permet de boire l’eau de n’importe quelle source (eau, rivière, fontaine) sans stress et sans plastique. Ça me semble important d’utiliser une eau saine pour les enfants, même pour faire cuire les aliments ou laver les fruits et légumes (utiliser l’eau de la cuve comporte des risques comme la salmonellose).

Avez-vous des journées « type » ? ou chaque jour est différent… enfin au niveau du rythme de vie …

Chaque jour est différent, et c’est ce qu’on aime.

 

Quel est votre « itinéraire » si vous en avez un ?
Itinéraire totalement indéfini à ce jour, et c’est très bien comme ça. Vos coups de cœurs ? Vos galères ?

On aime les spots nature, les lieux immuables, qui invitent à la contemplation. Les endroits qui auraient pu être les mêmes il y a 1000 ans, loin de la civilisation. Les grands espaces, les dunes infinies et les horizons illimités.

Coups de coeur ? Le littoral sauvage portugais, le ciel étoilé au-dessus du lac d’Alqueva au Portugal, les villages oubliés de la Sierra de Grazamela en Andalousie, les baignades estivales dans les rivières d’Aragon, les chevaux sauvages dans le Pays basque quelque part près de la frontière, les Dolomites aux couleurs d’automne, le parc de Durmitor au Monténégro juste avant les premières neiges, le camping sauvage en mode Robinson Crusoe sur les plages crétoises cet hiver. Il y en a encore beaucoup d’autres !

Est-ce « définitif » ou temporaire ? 

Avant, je voyageais très fréquemment et déménageais très régulièrement aussi. J’ai l’impression d’avoir trouvé un équilibre avec ce mode de vie nomade. Mais nul ne connaît l’avenir. Il se peut qu’on se sédentarise partiellement, ou temporairement, on fera au rythme de Nina. À vrai dire, je me vois bien vieillir comme ça, je m’imagine parfois quadragénaire en camping-car ou en van 🙂

 

Quelque chose à dire à ceux qui hésitent à sauter le pas ?

Nul ne sait de quoi sera fait demain. Oubliez l’avis des uns et des autres, cessez d’être raisonnable, essayez et vous verrez.

Merci ☺

Retrouvez Les Aventures de Nina et sa famille  sur Instagram : https://www.instagram.com/bonjour.green/ 

 

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